Les Pequots sont un peuple amérindien qui vivait au XVIIe siècle dans la région du Connecticut au nord-est des États-Unis. Ils appartenaient au groupe linguistique des Algonquiens.

Un homme du peuple des Pequots.

Ils furent quasiment tous décimés lors de la guerre des Pequots (1637) et notamment lors du massacre de Mystic qui les opposait aux colons anglais. Quelques descendants de cette tribu vivent toujours au Connecticut en tant que Mashantucket Pequots et Eastern Pequot Tribal Nation (ou Paucatuck Pequot).

Les membres de la Eastern Pequot Tribal Nation disposent d'une réserve dénommée Lantern Hill. L'Eastern Pequot Tribal Nation est reconnue par le Connecticut et les États-Unis. Les membres des Mashantucket Pequots sont reconnus par le gouvernement fédéral américain depuis 1983 et disposent d'une réserve à Ledyard.

ÉtymologieModifier

Pequot est un mot algonquin dont la signification n'est pas partagée par tous les spécialistes. Certains disent que le nom provient de Paquatauoq, signifiant « les destructeurs » ou « hommes du marais ». Frank Speck, un spécialiste du domaine du XXe siècle, pense plutôt que le terme signifie « faible profondeur de l'étendue d'eau », ce qui semble plus plausible[1].

HistoireModifier

Les témoignages archéologiques, linguistiques et historiques dont on dispose convergent pour affirmer que les Pequots, loin d'avoir envahi la vallée du Connecticut au début du XVIIe siècle, étaient en réalité une peuplade indigène depuis des siècles[2]. À l'époque de la fondation des colonies de Plymouth et de la Baie du Massachusetts, ils étaient déjà, économiquement et militairement, maîtres du centre et de l'est du Connecticut. Ils occupaient principalement la vallée séparant la tribu des Niantics de celle des Narragansetts, à l'ouest de Rhode Island. On estime[3] à 16 000 habitants la population de la vallée de la Thames, foyer le plus densément peuplé.

L’épidémie de variole de 1616–1619, qui avait décimé la plupart des tribus des côtes de Nouvelle-Angleterre, avait épargné les tribus Pequot, Niantics, et Narragansett. En 1633, les Hollandais établirent un comptoir : la Maison de Bonne-Espérance, à Hartford. En représailles à la rupture d'un contrat d'approvisionnement, ils exécutèrent le grand sachem Pequot, Tatobem, et ne restituèrent son corps aux indigènes qu'après paiement d'une rançon, et son fils Sassacus lui succéda. En 1633, une nouvelle épidémie ravagea toutes les tribus de la région, et les historiens estiment[4] que 80% de la population des Péquots y périt, de sorte que lorsqu’éclata la guerre des Pequots, le nombre de survivants n'était sans doute plus que de 3 000 indiens.

Culture populaireModifier

Articles connexesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Gardiner, Lion. Leift Lion Gardener his Relation of the Pequot Warres (Boston: [First Printing] Massachusetts Historical Society Collections, 1833).
  • (en) Hubbard, William. The History of the Indian Wars in New England 2 vols. (Boston: Samuel G. Drake, 1845).
  • (en) Johnson, Edward. Wonder-Working Providence of Sion's Saviour in New England by Captain Edward Johnson of Woburn, Massachusetts Bay. With an historical introduction and an index by William Frederick Poole (Andover, MA: W. F. Draper, [London: 1654] 1867.
  • (en) John Mason, A Brief History of the Pequot War: Especially of the Memorable taking of their Fort at Mistick in Connecticut in 1637/Written by Major John Mason, a principal actor therein, as then chief captain and commander of Connecticut forces; With an introduction and some explanatory notes by the Reverend Mr. Thomas Prince (Boston: Printed & sold by. S. Kneeland & T. Green in Queen Street, 1736).
  • (en) Mather, Increase. A Relation of the Troubles which have Hapned in New-England, by Reason of the Indians There, from the Year 1614 to the Year 1675 (New York: Arno Press, [1676] 1972).
  • (en) Orr, Charles ed., History of the Pequot War: The Contemporary Accounts of Mason, Underhill, Vincent, and Gardiner (Cleveland, 1897).
  • (en) Underhill, John. Nevves from America; or, A New and Experimentall Discoverie of New England: Containing, a True Relation of their War-like Proceedings these two yeares last past, with a figure of the Indian fort, or Palizado. Also a discovery of these places, that as yet have very few or no inhabitants which would yeeld speciall accommodation to such as will plant there . . . By Captaine Iohn Underhill, a commander in the warres there (London: Printed by I. D[awson] for Peter Cole, and are to be sold at the signe of the Glove in Corne-hill neere the Royall Exchange, 1638).
  • (en) Vincent, Philip. A True Relation of the late Battell fought in New England, between the English, and the Salvages: VVith the present state of things there (London: Printed by M[armaduke] P[arsons] for Nathanael Butter, and Iohn Bellamie, 1637).

RéférencesModifier

  1. (en) Frank Speck, "Native Tribes and Dialects of Connecticut: A Mohegan-Pequot Diary", Annual Reports of the U.S. Bureau of Ethnology 43 (1928): 218.
  2. Pour les indices archéologiques qui contredisent le récit des origines de Hubbard, cf. Irving Rouse, « Ceramic Traditions and Sequences in Connecticut », Archaeological Society of Connecticut Bulletin, no 21,‎ , p. 25; Kevin McBride, Prehistory of the Lower Connecticut Valley, Université du Connecticut, , thèse de doctorat, p. 126-28 et 199-269; sur l’ethnogenèse des Pequots, cf. Carrol Alton Means, « Mohegan-Pequot Relationships, as Indicated by the Events Leading to the Pequot Massacre of 1637 and Subsequent Claims in the Mohegan Land Controversy », Archaeological Society of Connecticut Bulletin, no 21,‎ , p. 25-33 ; sur les sources historiques et témoignages écrits, voyez Alfred A. Cave, « The Pequot Invasion of Southern New England: A Reassessment of the Evidence », New England Quarterly, no 62,‎ , p. 27-44; enfin pour les preuves linguistiques, cf. Truman D. Michelson, « Notes on Algonquian Language », International Journal of American Linguistics, no 1,‎ , p. 56-57.
  3. Dean R. Snow et Kim M. Lamphear, « European Contact and Indian Depopulation in the Northeast: The Timing of the First Epidemics », Ethnohistory, no 35,‎ , p. 16-38.
  4. Sur ces estimations, cf. Sherburne F. Cook, « The Significance of Disease in the Extinction of the New England Indians », Human Biology, no 45,‎ , p. 485-508 ; et Arthur E. Spiro et Bruce D. Spiess, « New England Pandemic of 1616-1622: Cause and Archaeological Implication », Man in the Northeast, no 35,‎ , p. 71-83.